Poissons

Au total, 94 espèces de poissons ont été inventoriées sur la réserve de La Trinité, soit 23% des poissons d’eau douce et saumâtre de Guyane.

Le saviez-vous ?

L’ichtyofaune désigne les espèces de poissons. L’icthyologie est le terme désignant l’étude des poissons.

Résultats d’inventaire

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Espèce de mares et de bras morts – Megalamphodus roseus © F. Melki Biotope

L’ichtyofaune de la réserve n’a été inventoriée que dans les criques Grand Leblond du bassin versant de la Mana (2001) et dans le secteur Aya (criques Baboune et Aya, bassin du Sinnamary, 2007 ; 2009), avec quelques observations ponctuelles lors d’une mission sur le Mt Tabulaire.

À défaut de protocoles ichtyologiques répétés à intervalles réguliers sur différents sites et à différentes saisons, il est pour l’instant difficile d’appréhender correctement la diversité ichtyologique de la réserve.

Dans la Grand Leblond, 46 espèces ont été inventoriées. Cette diversité est relativement faible en regard des 102 espèces (31 familles, 8 ordres) décrites sur le Haut Sinnamary par Boujard et Rojas Beltran (1998).

Ce résultat et la mauvaise représentation de certaines familles (Loricariidae, Heptapteridae, Pi-melodidae) indique un effort d’échantillonnage probablement encore insuffisant.

Dans le secteur d’Aya, 76 espèces ont été inventoriées lors de deux campagnes.

Le fort taux de captures d’un seul spécimen par espèce (44%) pointe la nécessité d’effectuer des échantillonnages dans la plus grande variété de biotopes et micro-habitats possible. Après deux missions, la saisonnalité est apparue peu marquée mais ce constat reste à confirmer.  

Techniques d’inventaire

Les inventaires ichthyologiques des criques forestières peuvent être faits suivants plusieurs méthodes, complémentaires et combinables, de jour comme de nuit : 

  • la pêche à la roténone, très utilisée mais maintenant interdite (sauf autorisation préfectorale, cf. loi sur la pêche, Art. L. 236-9 et Art. R. 236-67 à 236-73), consiste à circonscrire une petite zone (60-70 m²) à l’aide de filets (maille de 1-2 mm), à l’empoisonner puis à récolter les poissons intoxi-qués. Le poison employé est le PREDATOX®, à base de roténone issue d’une liane locale (Derris eliptica) utilisée lors des « nivrées » pratiquées par les populations amérien-diennes du fleuve Maroni.
    La roténone provoque un réflexe de remontée des poissons à la surface pour pipeter l’air libre. Les poissons sont alors attrapés à l’aide d’épuisettes à petites mailles ou de passoires.
    Les individus capturés sont immé-diatement photographiés et relachés ou conservés à l’alcool.
  • la pêche aux filets maillants est adaptée à la prise de poissons se déplaçant le long des criques (migrateurs, grégaires).
  • la pêche à l’épuisette, à l’épervier, à la nasse, permettent de compléter significativement les inventaires.
  • l’observation in situ (masque et tuba et photographie « sous-marine ») permet d’obtenir des données écologiques originales et d’identifier les espèces sans les manipuler. 

Les spécimens non identifiés, fixés à l’alcool, sont confiés au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN). Les listes d’espèces sont intégrées à la base Fauna-Flora (Service Patrimoine naturel).